Deux heures d'avion d'Osaka, une heure de décalage horaire, et des amies de longue date à qui rendre visite sur place, voilà au moins trois bonnes raisons pour partir à Taiwan, et ce même pour un
trip express de trois jours (en réalité une journée et demie, si on tient compte de mes heures d'arrivée et de départ...). Que faire en aussi peu de temps ? Se presser pour en faire le maximum mais
dans la superficialité ? Non : j'ai décidé de trainer un peu des pieds, et de ne pas vivre stressé.
Petit rappel : Taiwan, autrefois appelée Formose de par chez nous, a une histoire à la fois riche et chaotique. Cette île a en effet connu plusieurs colonisations (européennes, japonaise...), des
aborigènes qui ont souffert, des régimes de fer sous la houlette du nationaliste Chiang Kai-Shek et des rapports très difficiles avec la Chine, et ce jusqu'à aujourd'hui. Il faut savoir que le pays
n'est une vraie démocratie que depuis 1988, ce qui peut expliquer certains petits problèmes qui subsistent encore de nos jours. Mais ainsi
La petite gare de Taoyuan, non loin de l'aéroport. Premier constat : il fait très chaud à Taiwan, même en avril, et le temps est très humide.
Ci-contre et ci-dessous : arrêt à Hsinchu, pour rendre visite à mon amie Yen-Jou. Et deuxième constat : en traversant les rues, même au vert, il faut rivaliser d'ingéniosité pour éviter les
scooters fous !
Taiwan ne possède pas la plus forte densité de scooters au monde pour rien... d'ailleurs c'est promis, jamais plus je ne me plaindrai des vélos kamikaze au Japon...
Je n'avais pas compris au début, pourquoi certains passants traversaient les rues en courant (quand bien même c'était leur tour de le faire !). Puis, en jetant un coup d'oeil au feu pour piétons,
j'ai tout de suite percuté: le petit homme vert ne marche pas simplement, non. Il accélère, pour finalement piquer un véritable sprint ! La preuve en vidéo (j'ai pris des risques incensés pour
faire remonter cette information : oui, le
scoop heurte) :
Ci-dessous : une scène banale d'une ville à Taiwan. De petits restaurants gagnent de la place où ils peuvent, et installent leurs terrasses (voire parfois leurs cuisinières) directement sur les
trottoirs au bord de la route. Comme sur les trottoirs il y a également des scooters et des voitures qui stationnent, où marche donc le piéton ?
Mais sur la route, bien évidemment.
Ci-contre : la mairie de Hsinchu.
Ci-dessous : le temple local, dans lequel sont venus s'encastrer des restaurants et autres magasins :
Ci-dessous : une vendeuse de betelnut. Sur certaines grandes avenues, il y en a des dizaines.
Le Betelnut est constitué d’une feuille de bétel (qui ressemble à du laurier) dans laquelle on introduit une noix d’arec. Les taiwanais la consomment en la
chiquant. La pratique est également répandue dans le reste de l’Asie, depuis l’Inde jusqu’en Chine, en passant par l’Indonésie. A Taiwan, de jour comme de nuit, on vend ce produit dans des étales
disposés au bord des plus grands axes routiers de la ville. Ce sont des jeunes femmes, le plus souvent très légèrement vêtues (voire quasiment nues) et très maquillées qui se chargent d’amadouer
la clientèle (car les chicks font un tabac). Cette clientèle est essentiellement masculine (le betelnut aurait un effet excitant, il maintiendrait éveillé, on lui prête aussi
des vertus aphrodisiaques). Dans ces échoppes, on vend également des cigarettes et de l'alcool (normal pour des échoppes de bière) : la mafia locale (comme toujours triade sur le
volet) n’est donc jamais très loin.
La gare ultra moderne de Hsinchu. Depuis peu, le High-Speed Railway relie le Nord du pays (Taipei) au Sud (Kaoshiung) en un temps record. Rapide, très peu couteux et doté de voitures spacieuses
(à la manière du shinkansen et au contraire du piteux TGV), ce train est tout simplement incontournable. Pour info, les autres moyens de transport taiwanais sont également intéressants et bon
marché (taxi, bus...).
Arrivée sur Taipei :
Et premier choc dans le métro : en guise de ticket, on m'a remis une espèce de pièce en plastique. La première fois,
ça m'a foutu les jetons...
Une échoppe qui vend exclusivement du jus d'ananas ou de carambole (starfruit), frappés ou glacés.
Ici pas de problème de Licence 4, on ne vous rentrera pas dedans pour un souci de
carambole-âge !
Ci-dessous : arrivée au temple de Longshan (le dragon de la montagne), un des plus anciens et importants temples du pays.
Construit en 1738, le temple connut bien des misères (guerres, catastrophes naturelles). Il demeure néanmoins bien conservé.
J'ai visité ce
temple hier, et pourtant il n'y a aucune divinité guerrière dans cette enceinte. Plusieurs religions sont en réalité ici mêlées, rapportées par des immigrants venus de
Chine Continentale.
Quand on se rapproche, on s'aperçoit qu'une multitude de détails ornent les sculptures, racontant ainsi chacune une histoire différente :
Proche du temple ce jour là : une procession toute en musique et en couleurs...
Quelques heures plus tard : direction la Tour Taipei 101, la plus haute tour du monde...jusqu'en 2007, puisqu'une tour de Dubaï est en train d'écraser tous les records en la matière. La tour de
Dubaï n'étant pas encore finalisée, à ce jour, Taipei 101 conserve officiellement son titre.
La Taipei 101 mesure 508 mètres et est constituée de 101 étages et de 5 sous-sols. Ses ascenseurs seraient les plus rapides du monde (91 étages en 39 secondes). On peut accéder au 91ème étage
ainsi qu'à un observatoire à ciel ouvert (hélas on ne voit pas grand chose, de grandes barrières de protection empêchant de véritablement apprécier le panorama).
Quelques vues d'ensemble, pas toujours très convaincantes (
c'est 101 regret que j'affirme que la visite de ladite tour s'est avérée quelque peu décevante) :
Une boule d'acier de 660 tonnes est suspendue au 92ème étage de la Tour. Du fait de son amplitude, elle peut amortir 30 à 40% des mouvements de l'édifice causés par des vents violents, un
tremblement de terre, une collision avec un aéronef ou un concert de Céline Dion.
Toujours à Taipei, voici le Chiang Kai-Shek Memorial, édifice immense construit quelques années après la mort de l'intéressé.
L'aura de Chiang Kai-Shek dépérissant peu à peu (on le sait tous,
l'aura quitte toujours le navire), le Memorial est aujourd'hui d'avantage devenu un endroit où se réunissent les gens
en quête de grands espaces, plutôt qu'un lieu de recueillement (j'ai même vu des personnes faire leur footing ou danser autour de l'imposante bâtisse).
Autour de la place se dressent donc le Memorial, une Porte majestueuse ainsi qu'un théâtre et un opéra (eux aussi magnifiques).
Enfin le plus important, durant ce trop court voyage, qui m'a néanmoins permis de découvrir un pays plutôt détendu et d'une grande richesse humaine : les amies et la bonne chaire !
Voici, entre autres bonnes choses, des pâtes de riz (délicieuses), des tripes de canard et bien évidemment des raviolis frits (géants, cette fois-ci !) :
Encore un grand merci à toutes mes amies : Li-Yin, Seven, Min-Chin, Yi-Ching et bien évidemment Yen-Jou.
Si j'adore le Japon, je dois bien avouer avoir quitté Taipei et sa région avec un gros pincement au coeur : un pincement au coeur..."
Taille One"...
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