Eiga & Drama

Jeudi 23 avril 2009




HACHIKO MONOGATARI
ハチ公物語
Année : 1987
Genre : chienne de vie
Réalisation : Kôyama Seijirô
Avec : Nakadai Tatsuya, Yachigusa Kaoru, Tamura Takahiro, Yanagiba Toshiro, Ishino Mako









L'histoire vraie du chien Hachiko, qui prit l'habitude d'accompagner son maître chaque jour à la gare, puis de revenir l'y attendre le soir. Après la mort du vieil homme, Hachiko continuera son fidèle rituel...contre vents et marées...




























Aussi incroyable que cela puisse paraître, HACHIKO MONOGATARI est en tiré d'une histoire vraie. Si vous vous intéressez un minimum au Japon et plus précisément à Tokyo, vous devez d'ailleurs connaître ce récit : dans les années 20 le chien Hachiko (de la race akita-ken), habitué à accompagner son maître jusqu'à la gare de Shibuya puis à y revenir le soir pour l'attendre, devint une célébrité lorsqu'il continua son rituel après la mort de l'intéressé...Hachiko revint en effet chaque jour à l'entrée de la gare dans l'espoir de revoir le visage de son défunt maître...et ce pendant une dizaine d'années ! A la mort du pauvre animal, une collecte fut organisée pour lui édifier une statue. Ladite statue est située à l'une des sorties de la gare de Shibuya (sortie qui porte d'ailleurs le nom de Hachiko). Une petite précision : la statue actuelle est assez récente, l'originale ayant été fondue pour les efforts de guerre...




























Le film HACHIKO MONOGATARI se veut donc un douloureux témoignage de l'amour et de la fidélité d'un chien à l'égard de son maître. Douloureux car la vie de Hachiko fut tout sauf une partie de plaisir...même si l'on se doute que le réalisateur a ajouté quelques détails pour se plier aux règles d'un format cinéma. Mais le tronc de l'histoire est bel et bien authentique, qui plus est porté par des acteurs talentueux, oeuvrant dans une jolie reconstitution du Shibuya des années 20. Oui le film HACHIKO MONOGATARI est définitivement un hommage vibrant au chien le plus célèbre du Japon. Une sublime histoire d'amour entre un homme et un animal...tout juste ternie par un générique final presque joyeux et donc complètement hors de propos.

Par Oli
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Jeudi 25 septembre 2008


ACHILLES TO KAME, aka Achilles and the tortoise
アキレスと亀
Année : 2008
Date de sortie au japon : 20 septembre 2008
Genre : humour pinceaux rire
Production : Office Kitano / Bandai Visual
Musique : Kajiura Yuki
Réalisation : Kitano Takeshi
Avec : Kitano Takeshi, Higuchi Kanako, Yanagi Yûrei, Aso Kumiko, Enjôji Aya, Ibu Masato, Nakao Akira, Omori Nao, Osugi Ren, Tokunaga Eri, Tsutsui Mariko, Yoshioka Reiko, Beat Kiyoshi (ancien partenaire de Manzai de Takeshi), Terajima Susumu, Otake Makoto, et les Tokyo Shock Boys !






L'histoire d'un peintre peu doué mais qui persévère grâce à une passion immuable et aux encouragements constants de sa femme.

De retour après deux films introspectifs (de trop, diront les mauvaises langues), Kitano Takeshi nous livre un ACHILLES TO KAME censé plus ou moins terminer cette série de films peut-être encore plus personnels que d’habitude. Oubliez les déceptions de TAKESHI’S et de KANTOKU BANZAI (deux farces trop forcées dont –et c’est un comble- le coté parodique ne faisait quasiment jamais rire). ACHILLES TO KAME renoue en effet avec un cinéma à plusieurs degrés de lecture : le spectateur passe en effet par tous les états… du rire aux larmes, de l’étonnement à la mélancolie.


Divisé en trois parties distinctes, pour trois étapes de la vie d’un homme passionné mais pas vraiment doué (ou dont le talent n’est pas reconnu, je vous laisse seul juge), ACHILLES TO KAME démarre ainsi sur l’enfance de Machisu (entendez plutôt « Matisse ») pour enchaîner sur sa vie de jeune adulte (Yanagi Yûrei, un habitué, incarne Machisu) et conclure sur ses déboires de père de famille (Kitano apparaît enfin à l’écran). Chaque partie est réussie et aucune ne dépare vraiment comparée aux autres. L’enfance de Machisu adopte une imagerie plus dramatique mais jamais le ton du récit ne dérape totalement vers la tragédie totale (grâce au talent de Kitano qui sait jouer comme personne de la gravité et du rire comme d’une seule et même palette de couleurs). La deuxième partie est sans doute la plus détendue, même si la mort frappe toujours quand on s’y attend le moins. Parfois même au beau milieu d’une peinture. Pour terminer, Kitano se met lui-même en scène dans le rôle de Machisu, aux cotés d’une formidable Higuchi Kanako dans le rôle de la femme dévouée, qui croit en son mari depuis le premier jour. Les scènes hilarantes sont alors nombreuses, mais sont constamment ponctuées par des évènements plus ou moins tragiques. On ne se sait donc jamais vraiment sur quel pied danser, avec ACHILLES TO KAME. Ce qui est bon signe, car on ne voit pas le temps passer.

La morale de l’histoire ? Je laisse à d’autres le soin d’extrapoler là où chacun est libre d’interpréter le film selon sa propre empathie avec les personnages et le récit. Une chose est néanmoins certaine : si Kitano s’interroge sur la condition des artistes (les critiques et autres pseudo spécialistes en prennent d’ailleurs pour leur grade), il n’a plus de soucis à se faire d’un point de vue plus personnel…car en réalisant des films il ne gouache aucunement son talent !




Par Oli
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Lundi 25 août 2008

Mon nouveau blog, dédié au cinéma japonais récent à tendance horrifique et fantastique. Au programme quelques grands classiques, des productions foireuses comme on les aime, une poignée de drama, de l'animation et les dernières sorties ciné et dvd au Japon.

Le blog étant très jeune et toujours plus ou moins en période de post-gestation (ça existe cette expression ?!), toutes les remarques et critiques sont les bienvenues.

échec et (ciné)mat



Oli
Par Oli
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Jeudi 7 août 2008






The Sky Crawlers
Année : 2008
Date de sortie au Japon : 2 août 2008
Réalisé par Oshii Mamoru
Musique de Kawai Kenji
Avec les voix de : Kikuchi Rinko, Kuriyama Chiaki, Kase Ryo, Tanihara Shosuke












Yuichi rejoint un bataillon d'aviateurs et est accueilli d'une bien étrange façon par l'enfant qui les dirige. Comme une impression de "déjà vu"... 
Ces enfants surdoués qui luttent dans les airs contre un ennemi presque invisible, ont parfois à peine le temps de s'interroger sur leur condition, leur passé, leur destin, avant de tragiquement sombrer.

On les appelle les "killdre".














S'appuyant sur une nouvelle relatant l'étrange destin d'enfants pas comme les autres, Oshii Mamoru nous livre une fable crépusculaire à la limite du fantastique, du steampunk et de l'uchronie. Vous pouvez parfaitement vous plonger dans THE SKY CRAWLERS sans connaitre le matériau de base. Quelques zones de flou subsisteront certainement, mais Oshii Mamoru présente ici sa vision des choses et des évènements, et ne creuse volontairement pas certains détails (le conflit, par exemple) pour se pencher sur la psychologie de ces enfants qui n'en seraient pas vraiment (vieillissent-ils, ont-ils un passé, un avenir... une vie tout simplement ?).

D'une justesse foudroyante, THE SKY CRAWLERS est (presque) à ranger auprès de GHOST IN THE SHELL et AVALON dans la filmo de ce réalisateur hors normes. Si je ne creuserai pas le fond de l'histoire de son dernier film pour vous laisser le soin de la découvrir pleinement, je m'attarderai plus longtemps sur le coté technique, tout simplement à tomber par terre (remarque de mauvais goût pour un film dédié à des aviateurs...).













Pour faire simple, je me contenterai de préciser que les combats aériens de THE SKY CRAWLERS sont ce que j'ai vu de mieux au cinéma jusqu'à aujourd'hui (films "live" et anime confondus). Dès la scène d'intro, le spectateur se retrouve en effet collé à son siège comme le pilote plaqué dans son cockpit. Et pourtant, cette première scène dure une toute petite poignée de secondes : mais que d'émotions ! Les effets 3D, criant de réalité, sont d'une justesse absolue. Les chorégrapies aériennes, fulgurantes et rythmées par de rares ralentis parfaitement orchestrés, repoussent les limites de l'immersion d'un spectateur dans une scène d'action (et je ne parle pas du génial traitement du son par la Skywalker Sound Division). De plus, les effets spéciaux (3D ou 2D) s'intègrent plutôt bien à l'animation plus "classique" des personnages. Bien évidemment une différence se fait sentir, mais les couleurs, le chara-design et les décors, habilement pensés, permettent à l'ensemble de bien se marier. On oublie bien vite le relatif échec de GHOST IN THE SHELL 2.0 en la matière.

Techniquement éblouissant, THE SKY CRAWLERS n'en est pas pour autant bâclé sur le fond. Car si les combats aériens sont magnifiques, ils sont aussi bien peu nombreux, Oshii Mamoru s'attardant en effet beaucoup plus sur les "killdre" et leurs troubles d'identité. Lent et contemplatif, ponctué par quelques morceaux de bravoure énormes, THE SKY CRAWLERS ne décevra pas les habitués du réalisateur.




LE TRAILER :



PS : et surtout n'oubliez pas de rester jusqu'au terme du générique de fin.


Dernières impressions :

Gake no ue no Ponyo

Ghost in the Shell 2.0

Par Oli
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Mardi 29 juillet 2008
LAST FRIENDS
Episodes : 11 (dernier épisode diffusé en juin 2008 sur Fuji TV)
Année de production : 2008
Genre : pourquoi vivre heureux quand il est plus simple d'être malheureux ?
Avec : Nagasawa Masami, Ueno Juri, Eita, Mizukawa Asami, Ryo Nishikido, Yamazaki Shigenori


Une jeune femme épanouie le jour, battue la nuit...et sa meilleure amie qui n'ose lui avouer que son amitié pour elle s'est à présent muée en amour pesant, car inavouable...

Série dramatique portée par les frêles (mais jolies) épaules de la superstar Nagasawa Masami (qu'on nous sert en pub à toutes les sauces au Japon, oui Masami c'est devenue la pub belle pour aller danser), LAST FRIENDS est un pur drama des familles où tout pourrait aller pour le mieux mais où tout va au plus mal... En gros à la base ça ressemble à la série américaine FRIENDS, c'est à dire de jeunes colloc qui vivent ensemble, sauf que là les jeunes en question font parfois la gueule, ont plein de problèmes et qu'ils font souvent les mauvais choix (une habitude dans les séries japonaises, presque un "drama tique"...).

Une jeune femme qui tombe amoureuse d'un golden boy qui se révèlera très violent, une amie lesbienne, un ami qui peine à traduire en mots ce qu'il pense tout bas, bref LAST FRIENDS c'est LA grosse série de ce printemps au Japon. De bons acteurs, des thèmes attachants, des personnages réussis, une chanson interprétée par Utada Hikaru, les producteurs ont bien récité leur leçon à succès.

Pour ma part, je dois bien avouer avoir été quelque peu énervé par la trame du récit (le petit ami violent commettra quelques énormes crasses, et les victimes -hommes ou femmes- n'appelleront pas la police...), sans parler du fait que les vrais problèmes de société ne sont jamais traités de front (l'homosexualité, le traitement judiciaire de la violence conjugale...), mais au final j'ai pris un petit plaisir coupable à regarder l'ensemble des épisodes. Et puis une fois la série commencée, on a envie de savoir comment ça se termine... Bref un drama un peu ronflant mais j'ai vu pire. Les cœurs d'artichaut vont adorer.

La chanson thème :



Par Oli
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Samedi 26 juillet 2008

Maison Ikkoku Special Drama, Partie 2
Année de production : 2008
Diffusé le 26 juillet 2008 sur TV Asahi
Avec : Ito Masaki, Nakabayashi Taiki, Kishimoto Kayoko, Kishibe Ittoku, Sawamura Kazuki, Minami Akina, Takahashi Yumiko

Cette deuxième partie reprend plus ou moins la suite directe de la première, diffusée l'année dernière au Japon (et dont une petite review est disponible ici). On retrouve (avec bonheur) le même casting principal, c'est à dire Ito Masaki (devenue une superstar de la télévision), Nakabayashi Taiki dans le rôle de Yusaku, deux stars de poids incontournables au Japon (Kishimoto Kayoko et Kishibe Ittoku) ainsi qu'une nouvelle venue, à savoir Minami Akina, jeune idole qui endosse le rôle de la rivale de Kyoko.















Beaucoup plus axée "romance" que sa première partie, cette suite rend hommage au manga et à l'anime qui s'étiraient en longueur, tant Yusaku et Kyoko tournaient longtemps autour du (cocori) pot (qui des deux osera enfin faire le premier pas ?). Ajoutez à cela une jeune rivale pour Kyoko, le fameux prof de tennis (aux dents qui brillent tant qu'elles éblouissent) pour mettre un peu la pression sur Yusaku, et on obtient une facile (mais habile) recette de quatuor amoureux faite de petites colères (Ito Masaki quand elle boude, je fonds), de coups bas (pas étonnant qu'on se fasse des enfants dans le dos, dans un drama qui s'appelle Maison Ikkoku), mais aussi de quiproquos et de douces réconciliations.















Légèrement moins drôle que son prédécesseur, cet opus (rien à voir avec les petits insectes qui peupleraient la fourrure du chien Souchiro) renferme malgré tout son petit lot de scènes hilarantes (la phobie des chiens qu'entretient Mitaka est le running gag -réussi- de ce drama). Bien évidemment, vous apprécierez d'avantage ce Special Drama si vous connaissez déjà les personnages au travers de l'anime (le drama y est plutôt fidèle -même si je me souvenais d'un Mitaka beaucoup plus antipathique que cela).















A consommer sans modération, avec de grands yeux d'enfants. Des adaptations de ce calibre, respectueuses de l'oeuvre originale, portées par un casting de qualité et qui ne s'étirent pas trop en longueur afin d'épuiser un filon doré, j'en redemande tous les jours.



 












Par Oli
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Mercredi 23 juillet 2008





Gake no ue no Ponyo, aka Ponyo on the Cliff by the Sea
Année : 2008
Date de sortie au Japon : 19 juillet 2008
Réalisation : Miyazaki Hayao
Musique de Hisaishi Joe
Avec les voix de : Nara Yuria, Doi Hiroki, Tokoro Jôji, Yamaguchi Tomoko, Amami Yuki, Nagashima Kazushige, Yano Akiko











L'histoire de Sosuke, un petit garçon qui trouve un poisson rouge échoué près de sa maison. Il décide rapidement d'adopter le curieux animal aux capacités plus qu'étranges... Très rapidement en effet, le petit poisson baptisé Ponyo va prononcer ses premiers mots...



PONYO est annoncé un peu partout comme la dernière réalisation du maitre Miyazaki. Mais depuis le retour de Zizou pour la Coupe du Monde 2006 ou encore la résurrection du Christ, il convient de ne plus faire très attention à ce genre de rumeurs...

Miyazaki Hayao, donc, livre une nouvelle fois dans les temps un film dont, ici au Japon, tout le monde parle, dont tous les médias nous abreuvent continuellement d'images et de produits dérivés. La chanson de PONYO a ainsi été la première à passer à la télévision. Avec ce titre extrêmement enfantin Miyazaki n'a pas cherché à tromper son monde : oui PONYO sera un film pour enfants, encore bien plus que ses titres précédents (dont la finesse doit inévitablement échapper aux plus jeunes).

La grande question est donc de savoir si on peut apprécier ce conte pour enfants si on est âgé de plus de 10 ans... La réponde est oui, du moins durant la première heure. On se laisse en effet facilement entrainer dans les petites péripéties de l'histoire : l'arrivée du petit poisson princesse, les êtres marins qui le recherchent, sa rapide disparition, l'impressionnant tsunami. Tsunami qui, d'ailleurs, marque pour moi le tournant du film : à la suite de cette déferlante (réalisée avec maestria) PONYO est victime d'un véritable coup de mou. Difficile en effet de se passionner pour les 40 dernières minutes du métrage, où il ne se passe pas grand chose. C'est à cet instant précis que l'on se rend compte que PONYO est, comme on le pressentait, avant tout un spectable pour enfants (au moins il n'y a pas tromperie sur la marchandise).


Techniquement enfin, le studio Ghibli avait annoncé une animation extraordinaire de l'eau, il y a de cela environ un an. Force est de constater que le résultat est très bon, mais qu'il n'a rien de révolutionnaire non plus. Gardons quand même à l'esprit que tout est ici réalisé "à l'ancienne", et que Miyazaki n'a pas cédé aux sirènes numériques (mais à celle d'Andersen, si !).

Le trait est malgré tout différent des oeuvres précédentes du réalisateur. Plus fin, avec moins de détails à l'image (qu'il s'agisse des visages ou même des ombres sur les paysages), l'ensemble se veut sans doute plus épuré et donc plus proche de l'imaginaire simple des contes pour enfants que ne l'ont été les derniers longs métrages de l'intéressé.


La bande-annonce :







Par Oli
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Vendredi 18 juillet 2008





Ghost in the Shell 2.0
Année : 2008
Date de sortie au Japon : 12 juillet 2008
Réalisation : Oshii Mamoru
Musique de Kawai Kenji
Avec les voix de : Tanaka Atsuko, Otsuka Akio, Oki Tamio, Kayumi Iemasa, Yamadera Kôichi, Genda Tesshô









Dans un futur proche, le Major Kusanagi Motoko, membre d'élite d'une super police constituée de cyborgs, se lance sur les traces d'un pirate informatique, connu sous le nom de "Puppet Master". Motoko, qui ne s'est jamais véritablement questionné sur sa propre existence (humaine, réelle...simplement virtuelle ?) va alors mettre à jour une affaire qui remettra en cause la notion même "d'être vivant"...

GHOST IN THE SHELL 2.0 est en réalité un "remix" de la version originale sortie en 1995. Considéré (à juste titre) comme un véritable film culte aujourd'hui, l'anime d'Oshii Mamoru a marqué son époque grâce à une technique d'animation -presque à l'ancienne- époustouflante, une bande originale (signée Kawai Kenji) qui figure parmi les plus belles jamais composées, une ambiance sale et futuriste qui n'est pas sans rappeler la réussite plastique de BLADE RUNNER et, enfin et surtout, une profondeur d'une grande finesse et d'une grande intelligence. Rarement les thèmes de l'intelligence artificielle, voire de la vie tout simplement, auront ainsi été aussi bien traités sur grand écran. Le tout présenté dans une forme qui frise la poésie numérique et métaphorique (les trois naissances successives de Motoko, l'arbre de vie du Musée qui prend du plomb dans l'aile -au propre comme au figuré, durant cette bataille titanesque entre deux cyborgs). N'ayons donc pas peur des mots : GHOST IN THE SHELL est un chef d'oeuvre. Que penser, dès lors, de ce projet pensé (et réalisé) par Oshii en personne, à savoir ressortir son bébé sur grand écran au Japon (juste avant THE SKY CRAWLERS comme par hasard), mais sous une forme prétendument améliorée ?

Deux choses essentiellement ont ainsi été retouchées : le son, converti au format digital et bénéficiant d'un mixage 6.1 concocté en collaboration avec la Skywalker Sound Division de Georges Lucas, et certains passages du film qui ont été entièrement retravaillés en 3D sur ordinateur (voir les quelques images ci-dessous pour la comparaison et vous faire une idée de l'avant et de l'après...).


Je ne m'attarderai pas sur le nouveau mixage sonore, qui est vraiment (comme on pouvait s'en douter) extrêmement bon (les quelques gunfights prennent une nouvelle dimension, tout comme la musique de Kawai Kenji). Les nouveaux passages du film (génétiquement modifiés ai-je presque envie de dire), me laissent beaucoup plus perplexes. Certaines scènes ont ainsi été complètement changées, entièrement refaites, et rien ne subsiste de l'anime original. Il en va ainsi de la scène d'intro lorsque Motoko saute dans le vide. Idem lorsque cette dernière plonge dans l'eau, ou encore... durant le générique d'intro ! Celui-ci a en effet été altéré, puisque les chiffres verts défilant sur fond noir (une idée recyclée -parmi d'autres- dans MATRIX) ont été remplacés par des images 3D de la peau de Motoko qui semble se pigmenter électroniquement : ce n'est pas laid, loin de là, mais ce n'est plus mon (allez disons même "notre") générique de GHOST IN THE SHELL. La couleur verte absente du générique se fera également plus rare durant le reste du long métrage, pour une raison que j'ai du mal à expliquer...


Quand ce ne sont pas des scènes entières qui ont été refondues, il s'agit de détails tels que les véhicules (presque tous sont à présent modélisés, notamment les hélicoptères sans exception) ainsi que les images informatiques, radars et autres scanners.

Si la position d'un Georges Lucas à propos des nouveaux STAR WARS est défendable (il avait tourné certaines scènes à l'époque, maintenant avec les nouvelles technologies il peut enfin laisser libre cours à son imagination), ce GHOST IN THE SHELL 2.0 me laisse dubitatif. Le film en question n'a tout d'abord pas si mal vieilli. L'animation, les effets de lumière, tout est -encore- plutôt réussi. Ensuite, l'implantation d'une scène entièrement refaite en 3D entre deux scènes réalisées "à l'ancienne" (et même pas "dépoussiérées") plombe un peu l'ensemble, on a alors presque l'impression de sortir du film pour assister à une débauche d'effets presque gratuits. La sensation d'assister à une histoire à deux vitesses laisse un arrière goût assez désagréable. A mon sens, il aurait soit fallu refaire entièrement le film en 3D, soit ne pas le toucher d'un pixel. Enfin, dernière précision, les changements opérés sur cette version 2.0 n'apportent strictement rien de plus à l'histoire. Il n'y a pas de scènes ou dialogues supplémentaires, pas de clin d'oeil au fan, rien qui ne révolutionne l'univers de GHOST IN THE SHELL.


Alors un final, ce GHOST IN THE SHELL 2.0, s'agit-il d'un désastre ? Oui et non... difficile de se prononcer tant le plaisir de redécouvrir cet anime sur grand écran dans des conditions optimales m'a réellement enchanté. Mais en réalité il en aurait été de même si le film avait été présenté avec un "simple" remixage sonore. J'aurais même d'avantage apprécié le voyage, car les scènes entièrement refaites tranchent vraiment trop par rapport au reste du long métrage.

Etrange sensation tout de même, de voir une Motoko modélisée en 3D sauter dans le vide, et d'avoir l'impression que cette personne vous est complètement étrangère...



Le trailer :








 

Par Oli
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Vendredi 16 mai 2008






Densen uta (Suicide Song)
Année : 2007
Réalisateur : Harada Masato
Avec : Matsuda Ryuhei, Iseya Yusuke, Ôshima Yûko, Kimura Yoshino, Akimoto Sayaka, Kojima Haruna, Maeda Atsuko, Kasai Tomomi, Abe Hiroshi et quelques Yokai furtifs











Depuis le suicide d'une écolière, une légende urbaine a pris corps à Tokyo : une chanson maudite pousserait à la mort celles et ceux qui oseraient écouter sa mélodie...


Adaptant une histoire du responsable des nouvelles ayant abouti à la série des ONE MISSED CALL, Harada Masato ne pouvait décemment pas réaliser un film de fantômes comme les autres. On se souvient encore de son sublime INUGAMI, véritable hommage cinématographique aux kami et autres esprits malins errants dans les profondes forêts de Shikoku.


Il ne faut donc pas se laisser prendre au piège du pitch (un peu minable) du film. Car DENSEN UTA détourne la plupart des règles du genre. A tel point qu'on en vient à douter (plus d'une fois) de la présence réelle d'un fantôme dans cette histoire (au début j'ai cru à un film sur les otaku...). Harada Masato mélange donc les genres, ne cède pas à la facilité du film de frisson (on ne sursaute jamais), et on ignore souvent si on est ici en présence d'un film fantastique, d'une comédie noire ou d'un thriller.


DENSEN UTA est hélas miné par de cruelles chutes de rythme qui desservent son originalité. Quelques prises de risque dans la réalisation permettent quand même au spectateur de se réveiller au bon moment. Pas le film de l'année donc, mais un film différent. Ca fait du bien parfois. Surtout que je l'ai loué sans absolument savoir de quoi tout cela pouvait bien parler. Et c'est peut-être encore la meilleure manière d'aborder ce DENSEN UTA.
Par Oli
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Mardi 13 mai 2008
L'éditeur Carlotta a la magnifique idée de ressortir le film en salle pour Noël 2008 en France (version 110 min). On peut légitimement espérer une exploitation en DVD dans un second temps. A l'occasion d'une telle nouvelle, je me devais de revenir quelques instants sur un des plus grands films de l'histoire du cinéma.





Antarctica (Nankyoku Monogatari)
Année : 1983
Réalisateur : Kurahara Koreyoshi
Avec : Takakura Ken, Watase Tsunehiko, Okada Eiji, Natsume Masako, Oginome Keiko, Kusaka Takeshi, Kôyama Shigeru, Yamamura Sô, Eto Jun, Sato Koichi, Taro, Jiro et la voix de Robert Hossein (VF)









Un groupe de scientifiques japonais se prépare à quitter sa base, perdue au beau milieu de l'Antarctique. En attendant la relève de la seconde équipe, ils quittent les lieux non sans avoir préalablement attaché tous les chiens… mais en raison de terribles conditions climatiques, la nouvelle équipe ne viendra jamais.














Voilà un film qui m'avait bouleversé lorsque je n'avais pas encore atteint mes dix premières années. Gavé de Disney et autres longs métrages bon enfant et politiquement corrects, la découverte, un peu par hasard, de ce film d'aventure animalier avait constitué un véritable choc à l'époque : ici les animaux mouraient, ils avaient beau endosser parfois le costume de héros ça ne les empêchait pas de souffrir, de saigner… non ça n'empêchait pas l'injustice de frapper.
Mes souvenirs mélancoliques entretenant le mythe d'un film unique, je recherchais ce film depuis sans jamais faillir, pour tomber il y a maintenant quelques années sur une VHS René Château Vidéo puis, enfin, sur le premier dvd doté de sous titres anglais édité par CN Entertainment (Hong Kong). Une chose frappe tout d'abord grâce à l'édition dvd : le film est beaucoup plus long ! En effet, la version française que nous avons connue durant notre enfance est purement et simplement amputée de plusieurs dizaines de minutes : le plus souvent il s'agit de scènes avec les scientifiques japonais (la préparation de la première mission est coupée, la petite fête lors du retour de ladite mission est également passée à la trappe, etc.).
Bref, le visionnage du film en dvd est une bénédiction à part entière. Et le film en lui-même, que vaut-il, de quoi parle-t-il exactement ?














Base Showa, 1958 : la première base construite par les japonais en Antarctique. L'équipe est composée de onze membres, scientifiques pour la plupart, et de dix neuf chiens des neiges.
Après le terrible hiver, l'équipe doit être remplacée par un deuxième groupe. Mais le pire va survenir : en raisons de conditions climatiques abominables, les scientifiques vont devoir abandonner leur base et les chiens, sans savoir quand la deuxième équipe va pouvoir se frayer un passage à travers les glaces afin de prendre possession des lieux.
Après examen de la situation, une décision est prise : personne ne viendra remplacer la première équipe. Personne pour s'occuper des chiens. Personne, non plus, pour simplement les détacher, leur laisser une infime chance du survie…

Mais les plus forts vont parvenir à s'en sortir, torturés par la faim et le froid, ils vont se défaire de leurs chaînes. Un petit groupe va alors se former, et parmi eux le meneur Ricky. Solide et courageux, il va entraîner dans son sillage quelques autres chiens : Jake, Ankie, Whitey, le solitaire Oguma Furen et les deux frères Taro et Jiro. Dès lors les épreuves vont se multiplier sur leur passage : les animaux vont devoir survivre à l'obscurité, à la faim, au froid, apprendre à chasser, à déjouer les pièges des crevasses et des glaces. Parfois au péril de leur vie. Parfois, aussi, jusqu'à son sacrifice.

Utilisant à merveille la beauté mais aussi la cruauté de ces immenses étendues de neige et de glace, le film de Kurahara est à la fois un appel à la tolérance, au respect pour toute vie qu'elle soit humaine ou animale, ainsi qu'un hymne à la nature et un conte initiatique. Petit détail qui a son importance, dans ce film-ci les chiens luttent pour leur propre survie, et ne sont en aucun cas subordonnés à une mission humaine quelconque. Non, dans ANTARCTICA les chiens occupent bel et bien la place centrale du récit, et il faut bien reconnaître que l'on s'attache assez rapidement à eux, que l'on prend fait et cause pour leur douloureuse odyssée.














D'origine japonaise, les chiens du film ANTARCTICA sont d'une race assez particulière. Il ne s'agit pas ici de Husky ni même de races croisées mais de Karafuto Ken. Comme le souligne le film de Kurahara, on peut trouver ces chiens sur les îles Sakhaline, mais aussi à l'extrême nord du Japon, à Hokkaido et aux alentours. Réputé pour son endurance, le Karafuto Ken est également un chasseur, capable parfois de survivre seul. L'extraordinaire condition physique de cette race peut expliquer les doutes mêlés de culpabilité qui vont alors venir hanter les scientifiques japonais durant leur long séjour au Japon. Et si quelques chiens avaient pu survivre durant tous ces longs mois ? Et si ils avaient réussi l'impossible ?
Et si…

Avant tout destiné à un jeune public, ANTARCTICA devrait également ravir les plus anciens qui, comme moi, avaient découvert ce film il y a maintenant vingt ans et qui l'avaient perdu de vue depuis. Des paysages magnifiques, des personnages touchants, des chiens plus courageux et nobles que la grande majorité des humains… oui ANTARCTICA est peut-être le plus joli film animalier qui soit.

Un chef d'œuvre absolu et bouleversant, qui vous touchera encore plus lorsque vous saurez que le scénario s'inspire d'une histoire vraie…


Par Oli
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